LA Fondation [ACT] des soins avancés en urgence coronarienne du Canada

Nettoyage des Mannequins - Recommandations

L’achat de mannequins devrait être fondé sur un examen approfondi des recommandations et stipulations du fabricant concernant les mesures d’hygiène.

Les élèves doivent être informés à l’avance qu’ils auront un « contact physique direct » avec d’autres élèves pendant les séances de formation.

Un élève ne devrait pas participer activement à une séance de formation (formation pratique sur des mannequins) s’il présente des lésions cutanées aux mains, à la bouche ou autour de celle-ci, si l’on a établi qu’il était porteur de l’antigène de surface de l’hépatite B (HBsAg), s’il est atteint d’une infection des voies respiratoires supérieures ou du syndrome d’immunodéficience acquise (sida), ou encore s’il a des raisons de croire qu’il a été exposé à un processus infectieux ou qu’un tel processus est actif en lui.

Si plus d’un mannequin est utilisé au cours de la même séance de formation, les élèves devraient de préférence être regroupés par deux, chaque groupe de deux n’ayant de contact qu’avec un seul mannequin. Cela réduira les risques que plusieurs mannequins soient contaminés par une seule personne et, donc, que d’autres élèves soient exposés à une contamination.

Toutes les personnes chargées de la formation en RCR doivent connaître à fond les mesures d’hygiène (p. ex. le lavage minutieux des mains avant de manipuler les mannequins, ne pas manger pendant le cours afin d’éviter que des mannequins soient contaminés par des particules d’aliments, etc.) ainsi que la marche à suivre pour le nettoyage et l’entretien des mannequins et des accessoires (les écrans faciaux, par exemple). Les mannequins devraient être inspectés régulièrement pour y déceler tous signes de détérioration tels que des fissures ou des déchirures sur les surfaces de plastique, ce qui rend difficile ou impossible le nettoyage à fond. Les vêtements et les cheveux des mannequins devraient être lavés périodiquement – une fois par mois, par exemple – ou dès qu’ils sont visiblement sales.

L’exercice de la RCR à deux sauveteurs ne se prête pas à une désinfection du mannequin après chaque intervention d’un élève, alternativement. Afin de limiter les risques de transmission de maladies pendant cet exercice, le deuxième élève qui doit donner une insufflation au mannequin devrait simuler celle-ci. Cette recommandation va dans le même sens que les recommandations actuelles de l’American Red Cross et de l’American Heart Association.

Pour s’exercer à la « procédure en cas d’obstruction des voies respiratoires », l’élève doit introduire son doigt dans la bouche du mannequin afin d’en déloger le corps étranger qui fait obstruction. En effectuant cette manœuvre, l’élève peut se contaminer le doigt au contact des exhalaisons ou de la salive laissées par les autres élèves ou contaminer lui-même le mannequin avec son doigt. Pour s’entraîner à effectuer cette intervention, l’élève devrait soit simuler la manœuvre, soit l’exécuter sur un mannequin dont on décontaminera les voies respiratoires par la suite.

À la fin de chaque séance, la procédure décrite ci-après devrait être suivie le plus tôt possible, de façon à éviter que les microbes ne sèchent sur le mannequin :

  • Démontez le mannequin selon les directives du fabricant;
  • Lavez à fond, selon les indications, toutes les surfaces externes et internes (ainsi que les écrans faciaux réutilisables) avec une brosse et de l’eau chaude savonneuse;
  • Rincez toutes les surfaces à l’eau fraîche;
  • Mouillez toutes les surfaces avec de l’hypochlorite de sodium en vous assurant d’obtenir au moins 500 p.p.m. de chlore libre disponible (1/4 de tasse d’eau de Javel par gallon d’eau du robinet, pendant 10 minutes). Cette solution doit être préparée à chaque séance de formation et jetée après utilisation;
  • Rincez à l’eau fraîche et séchez immédiatement toutes les surfaces externes et internes; un rinçage à l’alcool favorisera le séchage des surfaces internes, ce qui empêchera les pathogènes fongiques ou bactériens de survivre et de se multiplier.

À chaque fois qu’un nouvel élève utilise un mannequin au cours d’une séance de formation, l’écran facial utilisé doit être changé. Lorsque le mannequin passe d’un élève à l’autre ou après que l’instructeur a fait la démonstration de la manœuvre à effectuer pour déloger tout corps étranger des voies respiratoires, le visage et l’intérieur de la bouche du mannequin doivent être essuyés vigoureusement à l’aide d’un matériau absorbant propre (p. ex. un tampon de gaze de 4” x 4”, soit environ 10 cm x 10 cm), imbibé soit de la solution d’hypochlorite décrite dans la recommandation mentionnée précédemment, soit d’alcool (isopropylique ou éthylique) à 70%. Les surfaces doivent demeurer mouillées pendant au moins 30 secondes avant d’être essuyées avec un deuxième tampon absorbant propre.

Nous hésitons quelque peu à recommander l’utilisation d’alcools dans le cas présent, sinon à défaut d’autres désinfectants (puisque certaines personnes trouvent insupportable l’odeur de l’hypochlorite). Bien que les alcools soient hautement bactéricides, ils ne sont pas considérés comme particulièrement utiles au nettoyage mécanique; de plus, utilisés sur une courte période de contact, les alcools risquent d’être inefficaces contre les bactéries et autres pathogènes. Néanmoins, peu de microbes peuvent résister à un nettoyage vigoureux avec de l’alcool et un matériau absorbant.

Il y aurait lieu d’inciter les personnes chargées de l’utilisation et de l’entretien des mannequins de RCR à ne pas s’en tenir simplement à l’utilisation d’un désinfectant pour se protéger elle-mêmes et protéger leurs élèves contre des infections pendant la formation. L’accent devrait être mis sur la nécessité d’un nettoyage à fond du matériel (frottage, essuyage) en tant que première étape essentielle d’un processus de décontamination efficace. Les microbes peuvent être facilement éliminés des surfaces lisses, non poreuses, si l’on utilise des torchons jetables imbibés d’une solution nettoyante; de plus, rien ne prouve qu’un simple trempage puisse être aussi efficace qu’un trempage suivi d’un frottage vigoureux.

En ce qui concerne expressément les inquiétudes exprimées récemment quand aux risques de transmission de l’hépatite B ou du sida dans les cours de RCR, il a été démontré dernièrement que le virus de l’hépatite B n’est pas aussi résistant qu’on l’a déjà cru aux produits chimiques contenus dans les désinfectants. Les recommandations actuelles en ce qui a trait aux risques de transmission du sida sont les mêmes que celles qui concernent le virus de l’hépatite B.

Les présentes lignes directrices sur la décontamination des mannequins sont publiées avec l’autorisation de la Fondation des maladies du cœur du Canada. Elles sont tirées de la trousse d’instructeur SIR à l’intention des professionnels de la santé de 1996.